Femme marchant seule dans une rue de ville, vue de dos

Marcher ne me vide pas seulement la tête. Ça m’apaise le cœur.

Certains jours, je commence une marche remplie de colère. Contre quelqu’un d’autre, ou plus souvent, contre moi-même. Les quinze premières minutes, je rumine, je rejoue la même conversation, je répète ce que j’aurais dû dire. Et puis, presque sans m’en rendre compte, ça passe. Marcher me libère de mes pensées négatives, ce que rester assise avec elles ne fait jamais.

Certains jours, c’est plus lourd. Quand le chagrin ou la tristesse me pèsent, il peut m’arriver de pleurer en marchant. Mais à chaque fois, l’équilibre revient plus vite que je ne m’y attends, et mon cœur se rouvre au moment présent, loin du poids du passé et de l’anxiété de ce qui pourrait arriver. Juste moi et mes pas sur le sol.

J’en suis arrivée à partir marcher un peu chaque jour parce que j’avais besoin de me libérer de ce que je ressentais, et le mouvement s’est révélé être l’un des moyens les plus fiables que j’aie trouvés. Et au passage, j’ai découvert autre chose sur l’effet de cette petite marche quotidienne sur ma créativité.

La science confirme ce que le corps sait déjà

L’Organisation mondiale de la santé classe la sédentarité parmi les principaux facteurs de risque de mortalité dans le monde, ce qui en dit long sur la distance que nous avons prise avec un corps fait pour bouger. Nos muscles, nos articulations, notre cœur, et même notre cerveau, fonctionnent tout simplement mieux en mouvement. Les bénéfices physiques de la marche sont bien documentés : risque réduit de diabète, de maladies cardiovasculaires et d’obésité, ainsi qu’une baisse réelle de l’anxiété, de la dépression et du déclin cognitif à long terme.

Il existe aussi une série d’études bien connues menées à Stanford par les chercheurs Marily Oppezzo et Daniel Schwartz, qui ont mesuré quelque chose de plus précis : la pensée créative. Sur quatre expériences réunissant 176 participants, les personnes qui marchaient, que ce soit en intérieur sur un tapis de course ou en extérieur, généraient significativement plus d’idées créatives que celles qui restaient assises, avec une hausse moyenne de 60 %. Ce n’était pas le paysage qui faisait la différence. C’était le mouvement lui-même, et l’effet perdurait un moment même après s’être rassis.

Rien de tout cela ne m’a surprise. Ça n’a fait que mettre des chiffres sur quelque chose que mes jambes savaient déjà.

Où je trouve vraiment le temps

Je n’ajoute pas la marche à une journée déjà pleine. Je l’emprunte ailleurs. Le plus souvent à un trajet que je ferais autrement en voiture ou en transport en commun, transformé en marche à la place. Parfois à un appel téléphonique que je prendrais normalement assise à mon bureau.

J’appelle souvent des membres de ma famille au début de ma marche, ce qui fait deux choses à la fois : ça me met en mouvement avant que je ne trouve une excuse pour ne pas y aller, et ça veut dire que ce temps n’est pas perdu, il est doublé. Un trajet et une conversation avec quelqu’un que j’aime, en même temps.

Mais je garde toujours les dix dernières minutes pour rien. Pas d’appels, pas de musique, pas de podcast. Juste marcher pour marcher. Je porte ce que j’ai déjà sur moi, pas de tenue de sport, zéro logistique, et je garde un rythme soutenu, pas une simple balade. Ça n’a pas besoin de ressembler à du sport pour en avoir les effets.

Une note en douceur

Si là, tu gardes en toi un sentiment qui te pèse, de la colère, de la tristesse, ou juste une idée bloquée qui ne bouge pas, essaie d’aller marcher avec. C’est exactement l’idée derrière le Jour 25, « Le corps sait », dans La Relance Créative de 30 Jours : quinze minutes de mouvement, sans public, sans performance, juste toi. Si tu as l’habitude de sauter ce genre de prompt parce qu’il ne te semble pas assez productif, c’est peut-être le signe qu’il faut l’essayer en premier, pas en dernier.

Source : Oppezzo, M., & Schwartz, D. L. (2014). « Give Your Ideas Some Legs: The Positive Effect of Walking on Creative Thinking. » Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition.

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